Laure Gonthier développe une œuvre sur la trace de l’Homme dans son environnement naturel et s’intéresse plus particulièrement à la relation du corps à la nature.

La terre métaphore de la chair guide son travail. Elle s’adonne à la création d’objets inouïs, aiguillés par une approche sensuelle. Le caractère charnel de l’argile attise son imaginaire, de même que la charge primitive dont le matériau recèle. Elle explore grâce au matériau terre, le geste premier et les origines du monde.

Elle interroge la notion d’artifice et le processus d’une nature fantasmée, le geste incarne dans sa démarche un véritable moteur de rêverie et l’expérimentation s’avère sans conteste l’élément fondateur de chacune de ses créations.

Laure Gonthier (*1983) est diplômée de l’école des arts appliqués de Vevey en 2004, elle séjourne ensuite en Chine en 2004, 2006, 2011 et 2015 dans le but d’affiner ses connaissances techniques et de faire un pont entre tradition et art contemporain. En 2011 elle obtient son DAS (CERCCO) à l’université d’art et de design de Genève (HEAD). En 2013 elle participe au programme de résidence de l’EKWC.

Membre fondateur de L-imprimerie, atelier collectif à Lausanne, elle est active dans différents projets collectifs, elle participe en 2017 à la résidence polaire de l’association marémotrice à bord d’un voilier au Spitzberg.

Son travail a été soutenu par la fondation Ikea et récompensé par le prix de la relève de Pro Helvetia. Elle vit et travaille à la Vallée de Joux depuis 2017.

CV

« Qu’est-ce qu’une figure ? La question est vieille comme le monde de la représentation c’est-à-dire, sans doute, comme le monde humain lui-même. Aussi loin que va notre mémoire, aussi loin que va notre histoire, nous ne trouvons pas de communauté qui n’ait fabriqué cette sorte d’objets dont on sent bien – même lorsqu’on le sait mal – qu’ils ne valaient pas seulement pour leur utilité de chose au sens strict, mais qu’ils valaient aussi, voir uniquement, pour faire figure aux yeux de ceux qui les avaient fabriqués, les manipulaient ou bien les regardaient. Qu’un objet fasse figure, c’est-à-dire se donne comme détour visuel d’autre chose qui n’est pas là présentement – voilà ce qu’on pourrait verser dans le creuset des phénomènes anthropologique les plus fondamentaux, aux côtés – ou plutôt dans la trame – du langage, du désir ou de l’échange social. ( …) »

Georges Didi – Huberman, « L’image ouverte », p.195